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Le cinéma africain s’impose au festival de Cannes 2018

Wanuri Kahiu

La réalisatrice Wanuri Kahiu

Du 08 au 19 mai prochain se déroulera la  71éme édition du festival de Cannes, avec une présence notable de réalisateurs africains et orientaux, notamment dans la section parallèle Un Certain Regard.

Un Certain Regard, la section originale et audacieuse du festival

La section Un Certain Regard est intégrée à la programmation du festival depuis 1978, avec pour finalité d’ouvrir le festival à des artistes moins connus et des réalisations plus originales et controversées. Cette année, l’acteur portoricain Bénicio del Toro sera le président du jury de la section, qui comporte une vingtaine de long et court métrages confondus.

Cette section ouvre donc les portes du cinéma “de prestige” à des réalisateurs de tout horizon. L’édition 2018 du festival donne une place plus importante au cinéma africain et oriental, avec notamment la présence de l’Egyptien A.B. Shawky, le Sud-Africain Etienne Kallos, la Franco-Marocaine Maryem Benm’Barek et la Kenyane Wanuri Kahiu. Les réalisations présentées traiteront de thèmes variés et engagés, comme le récit de la vie d’un lépreu en Egypte, l’histoire d’une mère célibataire au Maroc, ou encore l’histoire d’amour de deux jeunes filles au Kenya.

Le film Rafiki de Wanuri Kahiu, sélectionné à Cannes, censuré au Kenya

Protagonistes du film Rafiki

Protagonistes du film Rafiki

Parmi les noms du cinéma africain participant au festival, Wanuri Kahiu s’impose comme la réalisatrice engagée à travers son film Rafiki. Il s’agit du premier film kenyan à participer au Festival de Cannes en tant que sélection officielle de la section Un Certain Regard.  Le long-métrage met en scène une histoire d’amour entre deux jeunes filles à Nairobi et illustre le contexte culturel, politique et social auquel les protagonistes doivent faire face pour s’aimer librement.

Le film a été censuré dans le pays natal de la réalisatrice, où l’homosexualité reste encore tabou et interdite. Les autorités kenyanes ont estimé que le film faisait la promotion de l’homosexualité et était contraire aux valeurs du peuple kenyan. Wanuri Kahiu souhaite, à travers ce film, exprimer son aspiration pour une expression libre du choix sexuel et espère que “le film puisse crier haut et fort ce que des voix ont dû taire”.


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Date de dernière mise à jour : le 7 mai 2018

Mise en ligne le 4 mai 2018