Deux élus de Kédougou à Grenoble

Dans le cadre du programme d’appui au développement culturel de la région de Kédougou, au Sénégal, le Conseil général de l’Isère et Culture et Développement ont accueilli en février Lesseyni SY, président du Conseil départemental de Kédougou, et son conseiller Tombon Camara, président de la commission Coopération décentralisée, suivi et évaluation. Une semaine de travail, de rencontres et d’échanges autour de la thématique de la culture et du développement local – enjeux culturels, stratégie et outils à mettre en place. Interview des intéressés.

Lesseyni Sy et Tombon Camara, Kédougou. © CetD

Lesseyni Sy et Tombon Camara, Kédougou. © CetD

Quels étaient les objectifs de travail de cette semaine à Grenoble ?
Lesseyni Sy : Nous sommes venus travailler à l’élaboration d’un schéma directeur du développement culturel du département de Kédougou. Notre objectif était le partage d’expérience en matière de méthodologie et de programmes mis en place par d’autres partenaires ou d’autres associations qui sont parvenues à élaborer un programme de développement culturel.
Nous avons d’abord fait beaucoup lu pour nous imprégner des problématiques et des approches. Nous avons consulté des documents, des plans et des diagnostics réalisés par des structures de l’Isère. Puis nous sommes allés sur le terrain.
Pendant  presque toute une journée, nous avons rencontré la chargée de mission du parc naturel régional de la Chartreuse, Emmanuelle Vin. Leur démarche nous a beaucoup impressionnés. Nous avons également rencontré Jean Guibal, directeur du musée Dauphinois et Jean-Luc Gailliard, responsable du développement culturel à la direction Culture et Patrimoine du Conseil général de lIsère qui nous ont parlé du musée et de la valorisation du patrimoine dans le département. C’était un moment fort de notre séjour.
Nous avons été reçus par la vice-présidente du Conseil général de l’Isère, Christine Crifo avec laquelle nous avons co-présidé une réunion de la plate-forme Sénégal. A cette occasion étaient présentes la plupart des associations qui opèrent au Sénégal. L’échange a été très riche avec tous les partenaires qui interviennent sur le territoire de Kédougou, aussi bien dans le domaine de la culture, du tourisme, de l’éducation que de la santé. Un autre moment fort de notre mission.
Nous sommes aussi allés à la rencontre dassociations comme Cap Berriat qui est un exemple parfait de la politique d’accompagnement des jeunes, à travers un centre d’éducation et d’orientation des jeunes dont nous pouvons nous inspirer. Chez nous, ce sont plutôt des CDEPS (Centres départementaux d’éducation populaire et sportive) qui sont chargés de cette mission. Les centres prennent en charge les jeunes, les écoutent, les orientent et les encadrent.

Beaucoup d’échange et de rencontres
Nous nous sommes aussi entretenus avec Bruno Caraguel, coordinateur de la Fédération des alpages de lIsère, avec qui nous avons trouvé des points communs entre les territoires de montagne en Isère et le département de Kédougou. Notre département étant situé dans une région au carrefour du Mali et de la Guinée, la question des relations transfrontalières nous intéresse. C’est ainsi que nous avons échangé avec la responsable du programme transfrontalier Alcotra, Mme Margaux Thiery, sur la méthologie de montage de projets européens.
Enfin, nous avons pu dialoguer avec des personnes ressources dans le domaine de l’aménagement du territoire comme Jacques Henry, directeur et Denis Fabre, directeur adjoint à la direction de lAménagement du territoire du Conseil général de lIsère.

“Nous repartons les valises pleines doutils, nous avons beaucoup échangé, rencontré beaucoup de milieux qui ont travaillé sur ces questions.”

Tombon Camara : Nous sommes venus surtout pour voir dans quelle mesure le conseil départemental peut maîtriser la diversité culturelle qui existe à Kédougou, territoire inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Nous nous interrogions aussi sur la démarche à suivre pour piloter notre développement culturel en nous appuyant sur des outils comme le diagnostic et l’agenda culturel. Ici, nous avons réalisé en quoi les femmes et les hommes de Kédougou peuvent être fiers davoir un patrimoine culturel riche et une culture aussi diversifiée. Le patrimoine, cest le miroir où nous nous regardons. Il se construit, salimente du passé et du présent. Sur ce point, notre enjeu était de nous doter d’une approche du comment valoriser ce patrimoine, en connexion avec la vie des jeunes. Pour protéger ce patrimoine, il faut dabord en faire linventaire, se connaître mieux pour pouvoir souvrir. Comme le disait notre ancien président Léopold Sédar Senghor : « Il faut de lenracinement et de louverture ».

Quels vont être les suites à Kédougou de cette session d’information et d’échange ?
Lesseyni Sy :
Il est d’ores et déjà prévu que nos partenaires grenoblois viennent en mission à Kédougou, pour la restitution, le suivi et l’évaluation et pour d’autres programmes prévus au calendrier, sur la période mars-avril, dont Tetraktys et Culture et Développement.
Nous tirerons les enseignements de notre mission en France, penser à toutes les rencontres et de tous nos échanges que nous avons eus. Et travailler à la construction de notre schéma directeur et à mettre en place un agenda culturel pour structurer notre programme.
Nous allons essayer dès à présent d’identifier un responsable des affaires culturelles. Quelqu’un qui puisse articuler et coordonner le programme de développement de la culture. Nous souhaitons également donner une nouvelle impulsion, un nouveau dynamisme à la coopération entre le Conseil général de l’Isère et le Conseil départemental de Kédougou.

© CetD

Dernière question : comment cela sest-il passé côté météo ?!
En chœur :
Nous avons eu froid !
Lesseyni Sy : Nous avons tout eu : le froid, la pluie, la neige. Le climat, c’était vraiment le petit grain de sable dans cette semaine. Mais nous le savions. Cela nous change vraiment de notre météo au Sénégal et nous avons vraiment apprécié. J’ai même pu toucher la neige pour la première fois.
En chœur : Surtout, nous tenons à remercier tous nos partenaires, en particulier Culture et Développement qui nous ont invités. Cette semaine a été studieuse, riche d’échanges et d’apprentissages. Nous avons vécu des moments très forts, dans une ambiance chaleureuse et fraternelle, ce qui nous a beaucoup touchés. Nous avons été très bien accompagnés. Nous les remercions et leur donnons rendez-vous rapidement en avril à Kédougou.

Par les équipes de Culture et Développement

Date de dernière mise à jour : le 10 juin 2015

Mise en ligne le 25 mars 2015