Culture et Développement » Accueil » La France prévoit d’augmenter ses aides publiques au développement

La France prévoit d’augmenter ses aides publiques au développement

aide-publique-au-développement

Le gouvernement français souhaite augmenter la part de l’Aide Publique au Développement dans le PIB de façon progressive durant le quinquennat. De 0.44, elle devrait passer à 0.55% en 2022, un chiffre qui reste toutefois loin des objectifs de 0.7% fixés par l’OCDE.

Six mois après le discours d’Emmanuel Macron le 28 novembre dernier à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, où il posait les bases de la politique diplomatique que la France développera durant les prochaines années du quinquennat, le gouvernement réinvestit l’attention de tous sur la diplomatie française en annonçant un revirement de tendance sur les questions d’aide publique au développement (APD).

L’aide publique au développement, ou APD, est un outils financier de solidarité internationale au profit des pays moins favorisés, réglementé internationalement par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE). La gestion des APD relève d’une grande importance dans le développement international et possède en ce sens un rôle diplomatique fort.

Une augmentation de l’APD prévue à 0.55% en 2022

Le 8 février dernier, successivement à la réunion du Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement (CICID), le gouvernement a annoncé son plan d’action pour réussir à atteindre les promesses de campagne d’Emmanuel Macron. En effet, le candidat Macron avait alors fait de la revalorisation de l’APD un de ses cheval de bataille, promettant d’augmenter la part de la France en terme de solidarité internationale à 0,55% du revenu national brut (RNB), soit environ 6 milliard d’euros supplémentaires. Ainsi, renversant la tendance de plusieurs années d’éloignement de la France de ces objectifs, le Premier Ministre Édouard Philippe a promis une stabilisation préalable des APD à 0,44% en 2018 et 2019, puis une hausse à 0,47% en 2020, 0,51% en 2021 et enfin 0,55% en 2022. Cette décision fait suite à l’engagement de l’ensemble des pays industrialisés de porter à 0,7% leur richesse nationale au développement des pays moins favorisés.

L’aide sera redirigée principalement vers les PMA en Afrique

En ce qui concerne les autres décisions stratégiques qu’apportent cet événement, ce rapport promet un ciblage plus accentué sur les Pays Moins Développés (PMA) de l’Afrique, région du monde jugée jusqu’alors moins prioritaire, la France préférant être d’avantage attentive aux pays d’Asie*. Parmi les priorités qui seront données en matière d’aide, les thématiques d’égalité homme-femme et l’éducation seront mises en avant, afin de respecter les Objectifs de Développement Durable (ODD) mis en place par l’ONU.. Selon Hubert Julien-Laferriere, rapporteur du budget de l’APD à l’Assemblée nationale : « Aujourd’hui les principaux bénéficiaires ne sont pas du tout les pays du Sahel et il faut que ça change. Ce sera le cas dès l’année prochaine ».

Plusieurs organisations internationales se sont dès lors exprimées sur le sujet*. Bien que ce revirement de tendance soit salué, celles-ci regrettent sa véritable mise en place seulement en 2020.

Plus d’informations : Relevé des conclusions du CICID

* Communiqué de presse de Coordination Sud et Déclaration presse conjointe des ONG Action Santé Mondiale, CARE France, ONE, Oxfam France et Printemps Solidaire

 

Mise en ligne le 27 avril 2018