Rencontre avec Fatogoma Diakité

Auteure Aude Nicard des Rieux
photofatogomadiakitLors de sa venue à Grenoble, notre équipe a pu interviewer M. Diakité, le responsable national des Centres de Lecture et d’Animations Culturelles et l’un des fondateurs du réseau des bibliothèques au Mali. Il a consacré sa carrière à l’éducation, à l’accès et l’apprentissage de la lecture. Bientôt à la retraite, il fait le point sur ses plus belles années, ses plus difficiles et comment selon lui, la lecture et plus généralement la culture peuvent aider le pays à se redresser après l’invasion des djihadistes.

Un partenariat long de presque 30 ans

L’histoire entre Culture et Développement et Fatogoma Diakité commence en 1988, lorsque ce dernier accepte de partager ses expériences lors du séminaire “livre, lecture et coopération décentralisée” tandis que l’association est chargée de publier l’acte de colloque de la rencontre. Depuis, de nombreuses collaborations ont eu lieu. M. Diakité fut; à une époque, responsable de la cellule Culture et Développement au Mali.

Du professeur au responsable national des CLAC

Fatogoma Diakité a une longue et atypique carrière derrière lui. D’abord professeur dans un lycée de Bamako, son amour pour l’écrit l’a conduit à la direction des archives nationales malienne. Après 5 années passées au sein de ce service, il désire retrouver un contact avec le terrain. En 1982, il est alors nommé, directeur de l’action de lecture publique et est chargé de la création de bibliothèques dans tous les cercles (équivalent des départements) du Mali. Depuis, il n’a plus quitté le monde du livre. Après un 1er projet du nom “d’appui à la filière du livre au mali”, il lance en 2008, avec l’Organisation International de la Francophonie, les CLAC (Centres de Lecture et d’Animations Culturelles).

Il a fallu que Fatogoma Diakité visite 27 localités dans tous le pays avant de pouvoir sélectionner et inaugurer les 13 CLAC. Ils sont tous composés à la fois, d’un côté bibliothèque et d’un côté animation/multimédia. Ils proposent des livres dans des domaines variés, un pôle presse, des jeux, des cours de théâtre et des ordinateurs. Ainsi ces établissements s’adressent principalement à la jeunesse afin de les inviter à la lecture.

La culture comme aide au développement à la reconstruction du pays

En 2012, l’arrivée des djihadites a bouleversé le pays. Toutes les bibliothèques sont saccagées et les livres sont brûlés. Il faut alors tout reprendre à zéro. Les livres et le matériel informatique est fourni, les dégâts sont réparés mais il faut également redonner confiance à la population et les réhabituer à consulter les ouvrages à disposition. Pour Fatogoma Diakité, plus qu’un lieu culturel “les CLAC c’est comme une sorte d’arsenal” qui fait fasse à la guerre et l’invasion grâce au savoir. L’enjeu est, non seulement, d’aider à l’éducation et à l’apprentissage de la jeunesse, mais également de créer un véritable lieu de vie, facteur de cohésion sociale.

Pour en apprendre plus sur le parcours de Fatogoma Diakité et sur la situation malienne retrouvez ci-dessous son interview réalisée par C&D.

Date de dernière mise à jour : le 27 novembre 2014

Mise en ligne le 9 décembre 2014